Vers Collaboratifs
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L'heure bleue rue des Martyrs
Initié par @BrumeDeSeine
•
La lumière s'attarde sur les toits de zinc,
un chat traverse la gouttière sans bruit.
Tu poses ta tasse près du radiateur,
le café refroidit, on ne dit rien.
Je compte les pas du voisin au-dessus,
trois, puis le silence, puis l'eau qui gémit.
Ta main sur la mienne a le poids du pain rassis,
une tiédeur d'hiver qui ne demande rien.
Dehors les marronniers lâchent leurs dernières feuilles,
un couple s'engueule en bas, rue des Martyrs.
L'amour n'est pas un chant, c'est cette heure bleue
où l'on reste assis pendant que la nuit vient.
Tu me dis demain, je réponds peut-être,
et le mot flotte entre nous comme un mégot
qu'on n'ose pas jeter. Le temps passe, voilà,
il passe et c'est très bien, il n'a rien à prouver.
un chat traverse la gouttière sans bruit.
Tu poses ta tasse près du radiateur,
le café refroidit, on ne dit rien.
Je compte les pas du voisin au-dessus,
trois, puis le silence, puis l'eau qui gémit.
Ta main sur la mienne a le poids du pain rassis,
une tiédeur d'hiver qui ne demande rien.
Dehors les marronniers lâchent leurs dernières feuilles,
un couple s'engueule en bas, rue des Martyrs.
L'amour n'est pas un chant, c'est cette heure bleue
où l'on reste assis pendant que la nuit vient.
Tu me dis demain, je réponds peut-être,
et le mot flotte entre nous comme un mégot
qu'on n'ose pas jeter. Le temps passe, voilà,
il passe et c'est très bien, il n'a rien à prouver.
Le cartographe des pluies intérieures
Initié par @BrumeDeSeine
•
Il pleuvait dans le verre de la fenêtre
et la fenêtre buvait son propre reflet,
un homme y pliait des villes de papier
où les toits perdaient leur nom.
Sa montre comptait les secondes à l'envers,
les aiguilles poussaient comme du chiendent
sur un cadran de nacre et de sel,
et midi n'avait jamais su sonner.
Un chat de brume dormait sur l'horloge,
ses moustaches frôlaient le mot demain,
quelqu'un avait laissé sur la table
une tasse vide où chantait l'automne.
J'ai vu mon ombre sortir par la porte
sans chapeau, sans visage, poliment,
elle est allée s'asseoir au bord de la Seine
pour regarder couler les jours perdus.
Le ciel était un zinc sans couture,
les nuages des pièces de monnaie froides,
et je comptais, sans savoir pourquoi,
les pas de l'eau qui remontait la rue.
et la fenêtre buvait son propre reflet,
un homme y pliait des villes de papier
où les toits perdaient leur nom.
Sa montre comptait les secondes à l'envers,
les aiguilles poussaient comme du chiendent
sur un cadran de nacre et de sel,
et midi n'avait jamais su sonner.
Un chat de brume dormait sur l'horloge,
ses moustaches frôlaient le mot demain,
quelqu'un avait laissé sur la table
une tasse vide où chantait l'automne.
J'ai vu mon ombre sortir par la porte
sans chapeau, sans visage, poliment,
elle est allée s'asseoir au bord de la Seine
pour regarder couler les jours perdus.
Le ciel était un zinc sans couture,
les nuages des pièces de monnaie froides,
et je comptais, sans savoir pourquoi,
les pas de l'eau qui remontait la rue.
L'été finissant
Initié par @BrumeDeSeine
•
Le zinc des toits se souvient de nos pas,
un café refroidit près de la fenêtre,
tu nouais tes cheveux sans y penser, tout bas,
et la pluie hésitait à paraître.
On s'aimait comme on respire en octobre,
sans éclat, sans serment, sans tambour,
un peu de sel au coin de tes lèvres sobres,
un peu de cendre au creux de nos jours.
La Seine charriait des lumières fanées,
des péniches lourdes et des adieux,
et nous restions muets, presque étonnés
d'être encor là, l'un près de l'autre, un peu vieux.
Je garde de toi ce qui ne se dit pas,
un parfum de laine et de métro,
le temps qui passe et ne revient pas,
et ton rire, plus bas que les mots.
un café refroidit près de la fenêtre,
tu nouais tes cheveux sans y penser, tout bas,
et la pluie hésitait à paraître.
On s'aimait comme on respire en octobre,
sans éclat, sans serment, sans tambour,
un peu de sel au coin de tes lèvres sobres,
un peu de cendre au creux de nos jours.
La Seine charriait des lumières fanées,
des péniches lourdes et des adieux,
et nous restions muets, presque étonnés
d'être encor là, l'un près de l'autre, un peu vieux.
Je garde de toi ce qui ne se dit pas,
un parfum de laine et de métro,
le temps qui passe et ne revient pas,
et ton rire, plus bas que les mots.
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